26 juin 2008
Prison
Avec, en quête de sa proie,
La peur et sa sueur,
Le poids de l'absence et son silence,
La dépression morale et nerveuse,
L'angoisse et ses nausées,
La destruction des liens entre deux prisonniers,
L'exécution de l'amitié quand ce n'est pas de l'amour,
Avec tes insolences,
Prison,
Je te reconnais,
Je connais maintenant le monstre qui se cache entre tes flancs.
Tes hommes ont parés ma nudité de ta griffe carcérale,
Ils disent l'uniforme pénal,
Je dis,
On dit,
Les haillons du hors la loi,
Consternation, stupeur, certes,
Mais rire, oh ! combien même sourire,
Pouvoir sourire de ce que l'ont ne peut supporter,
Quand lancé dans la transparence de la mort qui chemine,
De mon être déshumanisé, déjà,
Dépecé de toutes ses particularités,
Dépouillé de sa parole d'homme,
Je me sens muselé,
On me veut muet, je me sens seul, vraiment sale,
En déshérences dans ce couloir sans lendemain,
Longeant cette plantation de cellules uniformément nauséabondes,
Empreintes de mille souffrances,
De bruits cassants, d'autres raillant,
De douleurs presque vide de sens,
Je me sens faillir, défaillir,
Puis, il me faut mourir,
Mourir pour finir,
Pour fuir cet isolement total et totalitaire,
Le temps d'une raillerie narquoise,
Comme pour taire quelques regrets inachevés,
J'oserai briser ce maillon,
Couper le cordon,
Cet unique lien qui me reliait dehors aux autres,
Les chiens sans collier,
Pour qui nouer en guise de laisse, un foulard autour du coup,
Laisse une impression d'exister pour quelques choses,
Pour quelqu'un,
Enfin, de valoir le coup.
JM. Bernard
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